Un Zuouave au Pernambouc

Oh, linda...

Pour tout de même assurer la face touristique du Pernambouc, il n'y a pas tres loin a aller, juste dans la ville voisine, Olinda.

Pour moi, ce nom fait partie des lieux à voir depuis la lecture d'un article du Monde, paru il y a quelques années et repris en bas de ce post (sans autorisation, oups !). Il vous donnera mieux que je ne pourrais le faire l'histoire deja chargee de cette ville disputée entre Portugais et Hollandais, rivalite dont les batiments ont eu a souffrir...

Je me contenterai donc de "quelques" photos pour illustrer cette vision qui fait vraiment qu'aujourd'hui plus que jamais, la ville merite ce nom...

Un petit plan pour se donner une idée ?

 

Ce qui fait la richesse architecturale de cette ville, ce sont d'abord les innombrables monuments religieux...

A peine entamée l'ascension sur la "première" des collines (celle qui suit l'office de tourisme situé à l'entre de la vieille ville), on tombe déjà sur le Convento de Sao Francisco, pour se mettre en route...

 
   
 

Un peu chargé comme style, surtout à l'intérieur des édifices, mais de quoi se faire plaisir pour les photos...


 
   

Puis, reprenant l'ascension (sous le cagnard), la Cathedral do Sé, située en haut de la plus haute colline...

Depuis le jardin situé sur le côté de la Cathédrale, la vue est juste incroyable...

Au loin, sur la droite, on aperçoit les tours de Recife, et plus loin encore, celle de Boa Viagem, le quartier situé au sud du centre...

 

Ensuite, on continue de déambuler dans les rues pour en voir de toutes les couleurs....

Et plutôt que d'enchainer compulsivement toutes les églises de la ville (il y en a plein !), je me laisse tenter, sur les conseils de mon guide qui a gentiment tapé l'incruste dans ma balade, par la plus modeste et la plus dépouillée, intérieur compris, de toutes celle-ci : Nossa Senhora do Rosario dos Homens Pretos (Notre Dame du Rosaire des Hommes Noirs), l'église qui était réservée aux esclaves située un peu à l'écart de la ville (qui était jadis coupée en deux, les esclaves noirs n'ayant évidemment pas accès à tous les quartiers...)

Son intérieur est évidemment beaucoup plus simples que les précédentes, quand bien même ce sont les mêmes artisans qui se sont chargés de toutes les construire...

On est bien loin du style baroque...

De façon discrète, on y sent les influences de l'Afrique, dans les motifs et les couleurs


Le toit en est particulièrement simple... 

Si les Eglises présentent l'avantage de la fraicheur, la beauté des rues donnent envie de braver la chaleur pour aller déambuler et voir ça de plus près...

Les travaux font partie des préparatifs pour le carnaval, Olinda se fait plus linda encore...

 

Quelques unes des posadas font vraiment envie... non ?

Et déjà les décorations sont mises en place...

 

Avant de faire la fête, c'est du boulot, beaucoup de boulot !


 

La Oficina do sabor, une des meilleures tables de la ville, et une des plus jolies
vues sur la jungle urbaine de Recife!

Dans une cantine plus modeste, je me délecte de la fraicheur crée par les arbres...

 




Euh, et j'ai pas mon maillot ? Grrr !!






7 collines dites-vous ? les ladeiras, ces rues en pente reliant les collines ou plongeant entre celles-ci, ça va juste pas du tout avec le climat de fournaise !








 

 

Et où sont les gens allez vous me dire ? Serais je seul à prendre plaisir à la balade dans le four ? Euh...

Ah, visiblement, y'en a qui préparent activement le carnaval...

Et d'autres qui sont quasi prêtes...

Et puis d'autres qui se font un foot sur la plage, profitant de la marée basse...



 

Olinda, donc, c'est à se dire qu'elle mérite son nom maintenant qu'elle a été ainsi colonisée par les constructions et que le site a pris sa pleine mesure...

Si je fais la comparaison avec les rues de Montmarte, vous verrez de quoi je parle. C'est vraiment le même esprit de ruelles dans lesquelles on se perd avec plaisir...

 

 

Parmi les villes de cette epoque, j'avais deja eu la chance de visiter Paraty, pres de Rio, Colonia del Sacramento en Uruguay, Potosi en Bolivie ou, dans le meme esprit, Valparaiso au Chili, Cuzco au Perou, ou le quartier de Santa Teresa a Rio (voir les bloges précédents), et c'est vraiment toujours le même plaisir que de s'extraire des grandes villes latinoamericaines, aggressives pour la plupart (Recife ne dérogeant vraiment pas à cette "règle"), et se trouver ainsi un oasis de calme...

J'y aurai quasiment passée deux journées entières sans évidemment en faire le tour, et c'est très facile de s'imaginer s'y installer... J'opterai pour une belle petite maison verte... carrelée de l'exterieur pour préserver le peu de fraicheur ! ;-)

 

Enfin... on verra ce que ça donne pour le carnaval !!
Je me suis laissé dire que c'était pas exactement la même ambiance...

 

Pour terminer, comme promis, l'article du Monde (en archives sur le site, avec abonnement, alors chuuut....), qui mentionne quelques unes des merveilles illustrées ci dessus....

Brésil : les sept collines d'Olinda
Article publié le 14 Juin 2008
Par Véronique Mortaigne


Source : LE MONDE

Olinda n'est pas Rome, mais il se dit de la ville tropicale qu'elle a 7 collines. Le décompte n'est pas aisé, car ds l'éternel balancement du vent, les cocotiers, les manguiers et les arbres à pain brouillent l'exactitude topographique. Olinda est tricolore : verte (les arbres), bleue (la mer), blanche (les couvents).
Olinda est aussi païenne et dissipée que religieuse ; les religions, catholique, protestante, juive, vaudou, etc., y semblent si diluées que cela en devient un sentiment. Sur une colline, la cathédrale de la Sé (commencée en 1537), sur une autre, le séminaire franciscain. En face, le phare années 1950, noir et blanc, courtaud, nostalgique et indéracinable, sorte de Cinéma Paradiso de l'optique marine.


En 1860, Emmanuel Liais, astronome français, passionné de Mars et tombé amoureux des rondeurs "olidenses", avait installé son observatoire sur l'Alto da Sé. Il y découvrit une comète, la première jamais officiellement observée au Brésil, qu'il baptisa comète Olinda, avant de se consacrer à la botanique. Tous les fruits aux noms indigènes, caju, pitomba, jabuticaba, pitanga, mamao, goiava, graviola, maracuja... (à boire en jus) ont fasciné les Européens, qui, au fil des occupations coloniales et des missions scientifiques, emmenèrent dans leurs bagages dessinateurs et naturalistes. Ainsi, le Hollandais Maurice de Nassau, qui s'installa à Pernambouc de 1630 à 1665, avait-il confié à ses compatriotes Frans Post et Albert Eckhout le soin de dessiner et de graver ce Brésil si luxuriant.

Dans la douceur quasi mystique qu'Olinda entretient dans ses bistrots, on raconte qu'un jour de 1947 une belle organiste aux traits indigènes offrit un jus de graviola à un jeune franciscain allemand fraîchement débarqué au couvent de Sao Francisco. Que suite à ce geste de pure bonté, ils se marièrent ; qu'il devint comptable dans une usine de canne à sucre et qu'ils eurent une fille totalement brésilienne prénommée Hildegarde.

Il y a quelques années, le comité des fêtes d'Olinda, qui possède le carnaval de rue le plus célèbre du Brésil avec celui de Salvador de Bahia, avait organisé les défilés de mardi gras autour des oeuvres d'Eckhout : ananas géants, femmes indiennes plantureuses, guerriers à flèches, poissons-chats, lynx et serpents. La faune et la flore déambulaient dans les venelles pavées, chatouillant les creux des coteaux, organisant le trouble sur les sommets en croisant les marionnettes géantes du frevo (avec fanfares) et les groupes de maracatu noirs (avec tambours).

Compter les collines dans ces conditions est une gageure. Le musicien et chanteur Alceu Valença, olidense célèbre, préfère l'imagerie féminine à la cartographie détaillée. Sur sa ville, il a écrit un Sonho de valsa, un rêve de valse, dialogue de paix avec celle qu'il appelle "ma femme, taciturne, où le silence rompt l'aube".

Gilberto Freyre (1900-1987), écrivain et sociologue, cherchait, lui, la précision. Auteur d'un des livres fondateurs de la pensée moderne brésilienne, Maîtres et esclaves, il a recensé huit collines à Olinda. En 1944, il a aussi écrit un très poétique guide d'Olinda, dont la 6ème édition vient de paraître. L'ouvrage ne s'est pas démodé malgré les avancées du progrès et du BTP ds le Brésil moderne, qui n'ont pas affligé la vieille cité. Fondée en 1537 par les Portugais, la cité, classée au Patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1982, tiendrait son nom de l'exclamation d'un serviteur de Duarte Coelho, le colonisateur : "Oh ! Linda" (quelle beauté !), se serait exclamé l'impétrant, contemplant du haut des collines l'océan aux reflets d'émeraude.

LES "ENGENHOS" Olinda appartient à l'aristocratie brésilienne des villes "historiques" : Ouro Preto, l'or et le baroque des Mines générales au centre ; Parati, le repaire des pirates au sud ; Alcantara, le rêve des abords de l'Amazone... Pendant deux siècles, alors capitale de l'Etat de Pernambouc, elle entretint sa richesse avec le commerce de la canne à sucre, cultivée par les esclaves venus d'Afrique dans les engenhos, les domaines alentour, dont beaucoup de propriétaires étaient des juifs portugais, convertis de force au catholicisme en 1497, et partis aux colonies - Recife a récemment restauré ce qui fut la première synagogue des Amériques.

La ville porte les traces architecturales du baroque tardif portugais, mais aussi celles du passage des Hollandais. Ces derniers, venus en colonisateurs concurrents, pillèrent abondamment avant de faire oeuvre de civilisateurs. Le Convento Sao Francisco, le premier couvent franciscain du Brésil, bâti en 1577, brûla et fut ainsi reconstruit entre 1615 et 1630, avec de splendides azulejos racontant l'histoire coloniale et celle de saint François.

Olinda fut une sorte de Coïmbra - ville universitaire du Portugal - brésilienne. En 1627, le Père Antonio Vieira, le plus célèbre des prédicateurs jésuites, défenseur des peuples indigènes et des esclaves africains, y enseigne la rhétorique - il a alors 18 ans. Plus tard, elle abrita l'Ecole supérieure de droit, qui oeuvra pour la marche du Brésil impérial vers la République.

L'archevêché y a toujours son siège. Dom Helder Camara (1909-1999), l'évêque "rouge", défenseur des sans-terre et opposant farouche à la dictature militaire, y menait procession au milieu des gens simples. Pour saint patron, Olinda s'est d'ailleurs choisi le "povorello", le petit pauvre, François d'Assise. Le prédicateur du sermon aux oiseaux est aujourd'hui représenté en statuettes de terre cuite.

L'ANCIEN MARCHÉ AUX ESCLAVES Les minots joueurs rabattent les touristes vers les stands d'artisanat, devant la cathédrale ou à la Ribeira, l'ancien marché aux esclaves. Ils ont le verbe haut, le regard effronté. En un instant, ils se fondent dans les venelles colorées. Pour eux, le Nordeste a inventé un excellent gâteau de manioc et de noix de cajou, le pé de moleque ("pied de gamin des rues"), sans doute ainsi dénommé pour sa couleur marron foncé et son aspect peu net et poivré.

A la tombée de la nuit, les sons d'Olinda superposent les histoires : cantiques échappés des églises, tambours et fanfares des répétitions carnavalesques, chants des grenouilles et des grillons, cri du vendeur de tapioca (à base de manioc) ou de cocadas.

Olinda forme alors un tout dont rien n'est dissociable. "Il n'y a pas que les arbres qui vivent une exceptionnelle intimité avec les églises anciennes. Il y a aussi les oiseaux et les enfants", écrivait Gilberto Freyre, en donnant l'explication suivante, absolument olindense : "Tout cela à cause de la lumière, qui permet à la nature de rafraîchir sans cesse la tradition."

Repères. Olinda est à 7 km de Recife, capitale de l'Etat nordestin du Pernambouc. Une région structurée en trois zones : la forêt côtière, l'agreste, aride mais agricole, et le sertao, semi-désertique. Bien que située à 8 degré sud de l'Equateur, Olinda bénéficie d'une température clémente, autour de 28 °C, constamment.

Avion. Vols quotidiens Paris-Recife, au départ de Paris, avec Air France, via Sao Paulo (2 vols quotidiens) et via Rio de Janeiro (10 vols par semaine) à partir de 977 euros (tél. : 3654 et www.airfrance.fr <http://www.airfrance.fr/> ). Soit, au total, 17 h 30 de voyage, avec la correspondance, et un décalage horaire de 5 heures. Egalement, liaison avec TAM ou, via Lisbonne, par la TAP.

Forfaits. Formules à la carte (avion, voiture, hôtels) avec les spécialistes de la région, notamment Voyageurs au Brésil (tél. : 0892-23-65-65), Terre Brésil (tél. : 01-44-32-12-81), La Maison des Amériques latines (tél. : 01-53-63-13-40), Jetset Equinoxiales (tél. : 01-53-67-13-00).

Etapes, tables et dans les environs
Etapes.
L'Hôtel des 7 Colinas : endroit délicieux, au pied du couvent Sao Francisco, niché dans les arbres, cocotiers, manguiers, arbres à pain, dont le décor emprunte à l'artisanat local (terre cuite, gravures, faïence). De la piscine, on observe la cathédrale de la Sé, et le restaurant offre des plateaux de graines pour les oiseaux et les singes. Sans être un établissement de luxe, le 7 Colinas est l'étape préférée des artistes, des intellectuels et des touristes hostiles aux visites au pas de course. Le grand jardin ouvre sur la Rua do Bonfim, l'une des rues principales de la vieille ville, et l'on peut déjeuner ou dîner, à l'excellente Casa du Bonfim (en face), de crevettes, filet de boeuf, et y boire des caipirinhas (alcool de canne à sucre et citron vert) et des jus de fruits frais (
hotel7colinas.com.br <http://hotel7colinas.com.br/> ).

Tables. Oficina do Sabor : le chef, César Santos, joue avec les légumes et ingrédts nordestins (le manioc, le potiron), les associe aux poissons et crustacés, aux viandes séchées. La terrasse de cette maison coloniale ouvre sur la ville de Recife (au loin) et la côte, superbe (rua do Amparo, 335, Centre historique, tél. : 081-3429-3331).

Dans les environs. Il est facile de prendre des taxis pour aller à Recife et sa plage de Boa Viagem. On peut aussi louer une voiture et partir vers l'île d'Itamaraca, prendre un petit bateau à partir du Forte Orange pour aller déjeuner sur un banc de sable dénommé Coroa do Aviao. On s'arrêtera à Igarassu, petite bourgade coloniale où se trouve l'église de Sao Cosmo e Damiao, construite en torchis en 1535 et considérée comme la plus ancienne église du Brésil.

Musiques, lectures et informations

Musiques. Brazil Classics # 7, What's Happening in Pernambuco, 1 CD Luaka Bop/Cooperative Music, 2007.
D'Alceu Valença, 7 Desejos, 1 CD EMI.

Lectures. Gilberto Freyre, Maîtres et esclaves : la formation de la société brésilienne, traduit du portugais par Roger Bastide (Gallimard, "Tel", 560 pages, 12 €).
Guides Brésil en collection "Encyclopédies du voyage, étranger", Gallimard (2006, 384 pages, 27 €), Le Routard (Hachette) et Lonely Planet.

Informations. Site d'Embratur : www.turismo.gov.br <http://www.turismo.gov.br/> .

 



Publié à 19:53, le 6/06/2011, Olinda
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Prendre l'air à Igarassu...

Après quelques jours passés dans la ville de Recife, je commence à étouffer un peu. Et comme nombre de questions ne semblent pas sur le point de se résoudre, notamment pour ce qui est de l'accueil chez des particuliers, je prends le parti de sortir de la ville, en deux étapes éventuelles.

Premier arrêt, Igarassu, à environ 1 h de bus au nord de Recife, siège de la plus vieille nation de maracatu en activité, Estrelha Brilhante - fondée en 1824 ! -, où je vais me présenter sans avoir pu téléphoner avant (j'ai en effet oublié mon carnet contenant nombre de mes numéros de téléphone, il y a des fois où l'on a le don de se faciliter les choses déjà bien assez compliquées...).

Si je tombe sur porte close, le plan B consiste à pousser un peu plus loin dans une île apparemment charmante, Itamaraca... plages, hamac, lecture, le WE loin des turpitudes de la ville quoi !

 

Bref, petit suspense dans le bus, Gilmar, mestre de cette nation, croisé en France lors d'un stage en novembre 2010, sera t-il là ? comment m'accueillera t-il ?

Depuis l'arrêt de bus, je note par ailleurs qu'un jeune gars me fixe du regard depuis le centre de Recife, moi qui suit tout suant de transporter mes sacs à dos dans la fournaise, en plus du cavaquinho (petite guitare à 4 cordes) de Ludo récupéré sur le chemin...

Je ne relève pas plus que ça, même si c'est pas super agréable, c'est finalement chose assez courante quand on est blanc-bec backpacker en pays afro-sud-américain...

 

Je descend du bus, dans la partie historique d'Igarassu (le reste est une bourgade moderne plutôt hideuse...) et m'enquiert de l'emplacement de la Nation.

On m'indique la colline (cool, avec ce soleil et ces sacs à dos, je ne rêvais que d'un peu de rando...) et on m'explique le chemin pour atteindre le sede, le siège de la nation...



 
     

Sans oublier d'admirer l'Eglise, je monte, non sans une certaine appréhension : une fois passée la partie historique et (un peu) touristique (malgré l'absence d'informations dans le guide du Lonely), tout ressemble ici à un quartier calme, mais avec quelques un des attributs de ce qu'on est censés éviter en tant que Gringo...

Les regards un peu étonnés des quelques personnes qui sont dans la rue ne sont pas forcément pour me rassurer, même s'il n'y a aucune aggressivité, je me sens juste un peu en décalage...

Bref, je repère finalement le siège de la nation, je toque à la porte, on me fait signe d'insister et d'entrer, et je pénètre dans le bâtiment ou, dans le fond, s'affairent le Mestre et quelques autres personnes à réparer des tambours...

Passé le moment de surprise, et les excuses pour me présenter ainsi sans avertir, Gilmar me fait assoir et envoie l'un des enfants qui l'aide me chercher de l'eau pour remplacer celle que je perd par litres !

Je sors fièrement les 3 bouteilles de bière ramenées de France, celles que Gilmar m'avait demandé de lui apporter... quelques kilos en moins dans le sac, c'est toujours bon à prendre ! elles sont certes à température ambiante, mais elles sont entières et aident à briser un peu la "glace"...

Je m'enquiers ensuite d'une possibilité éventuelle de dormir dans les proches environs, puisque je n'ai pas gardé de chambre à Recife. Gilmar m'emmène gentiment en voiture à la seule pousada du coin... malheureusement complète.

Il m'offre donc de rester chez lui, et me présente, outre tous les habitants de la communidade, à sa femme, Marli, et à sa mère, Dona Olga, mae de todos os santos (présidente de la nation, donc dignitaire du condomblé, version brésilienne du vaudou), malheureusement encore très affaiblie par un AVC subie quelques mois avant...

Il m'explique qu'un de ses fils va me laisser une chambre, fica vontade, on m'accueille gentiment, et j'en suis touché, car vraiment, je m'étais pointé là sans savoir à quoi m'attendre...

Comble de chance, Gilmar m'explique qu'il y a une répétition d'Estrela Brilhante le lendemain soir, pour une fois je suis dans le bon timing !! Voir le travail des naçoes, les nations de Maracatu est quand même l'objectif de ce voyage !

En outre, le WE qui suit, il me dit qu'est organisé le 1er festival de culture populaire de la ville d'Igarassu, présentant, outre le Maracatu, d'autres formes d'expression culturelle purement pernambucana, c'est pas du bol ça ?

 


 

Coco, Frevo, Ciranda, Afoxé, Caboclinho, et sûrement des surprises, un condensé de la diversité culturelle de cet Etat, le tout au même endroit où je fais en plus ma première "plongée" dans une des nations de Maracatu... 

Bref, je me dis que je vais bien y passer quelques jours dans cette ville d'Igarassu, et n'ai donc pas de regrets d'avoir tenté le coup. Itamaraca m'attendra bien encore quelques temps... ;-)

 

Pour passer la première soirée, ils m'embarquent pour un resto en famille, pour fêter le diplôme d'une cousine étudiante... Une bonne soirée à Olinda, au bord de mer, à enchaîner les grignotteries et les verres... 

 

Le matin, toujours dans mon décalage horaire, je me lève au chant du coq (qui prend le relais de celui des *%@£#! de moustiques) et en profite pour bouquiner sur la terrasse en attendant que les autres de la maison se réveillent... Je lis ainsi rapidement le 2ème tome de la trilogie entamée peu avant le voyage, 

Dès que Gilmar est debout, il prépare le petit déjeuner copieux (sandwich à l'omelette et café !) en chantant, histoire de se (me) replonger dans les toadas (chants) de la nation dans laquelle il est né. Si je mange pas assez à son goût (le chien lui est content !), on a le temps de discuter de la nation, de sa vision du maracatu et j'en profite pleinement...

Un plan plage qui se présente avec lui, je ne refuse pas !



 

Pour poser le cadre, la plage, c'est genre une paillotte bien achalandée (huîtres, bières, poissons, bières, mets divers...), et "bien" sonorisée : concours de sound systems à l'arrière des voitures tunées, et rivalité sur les programmes ! Pas toujours d'accord sur le type de musique brésilienne à passer, ils semblent plus en accord sur le volume saturé du son, pas toujours facile de discuter !

Faire abstraction de tout ça pour admirer la vue, avec tout au fond à gauche, la pointe sud d'Itamaraca...

Dans l'eau, pas de risques de requins ici, il n'y aurait de toutes façons pas assez de fond ! à plusieurs centaines de mètres, on voit encore de piétons se promenant dans les petites vagues parcourant l'étendue.

   

 

Retour à la maison, et, une fois mangé avec Gilmar, sa femme et certains de ses enfants, en route pour le sede pour la répétition.

Ce qui me plait avant même que la répétition ne commence, c'est que l'ensemble de la communauté semble se mettre en route pour cela. Les gosses, qu'ils jouent ou pas, les femmes, qu'elles dansent ou pas, les anciens... une bonne partie des habitants convergent tous vers le même endroit, et moi avec !

Bref, de quoi faire que, quand les premiers chants sont lancés, les poils soient déjà hérissés !



 Et c'est Parti !

Ceux qui avaient croisé Gilmar lors du stage de novembre, comprendront que sa particularité vocale, une voix haut perchée (quand souvent les chants de maracatu sont plutôt medium voire graves) m'ont fait ce soir là, et les jours suivants, un drôle d'effet !

Moi qui voulais approcher le bercerau de cette musique percussive, je me suis dit que je pouvais difficilement être plus en plein dedans que cela!

Si j'avais manqué de chance en ayant pas la possibilité de voir une répétition d'Estrela Brilhante de Recife pendant les 3 premiers jours, me voilà à assister à celle de l'autre étoile brillante, et elle brille fort !

Et que dire des batuqueiros, les joueurs de tambours, caisses claires et autre percussion typique du maracatu (le gongê, grosse cloche montée sur une perche), que je vois reprendre les chants tout en tapant avec énergie sur les différents instruments.

J'observe en outre que, les enfants et pré ados avec qui j'ai déjà un peu discuté, ne sont pas les derniers ni à taper et à produire ainsi du son, ni à passer d'un instrument à l'autre avec une aisance à faire palir un branquinho, un petit blanc comme moi !


Gilmar me fait, d'un clin d'oeil, une offre pour prendre une des caisses pour me joindre à eux, mais je n'ose pas, tant parce qu'il n'y a pas tant de caisses que parce que je suis finalement très intimidé et impressionné... et ravi d'observer et d'écouter (protections auditives indispensables ! ;-))

Je remarque notamment les batuqueiros qui produisent les plus gros sons (de quoi scotcher les oreilles) mais aussi les mômes et notamment Anderson, celui qui semble le plus respectueux de ce que dit le maitre, et qui le suit dès qu'il le peut... il assure à la caisse, au gongê, et n'a pas peur d'un alfaïa (tambour) !

Je remarque également qu'un des ados du groupe, "différent", trouve toute sa place dans le groupe à jouer du mineiro (long cylindre de métal plein de graines), tandis qu'un vieil homme chétif et manchot, fait aussi partie du groupe en battant la pulsation sur un tambour...

Et puis, à l'entrée de la pièce, côté rue, les dames, les femmes et les fillettes sont déjà à danser, ça chante, ça rigole, ça fume, ça boit, bref, rien de comparable avec une ambiance "studieuse", mais ça a tout de l'ambiance ! au jugé du volume sonore produit, cela doit porter loin, au travers des barreaux des fenêtres...

Une soirée fort bien remplie, et au moment de m'endormir, je me sens impatient de voir ce que donnera la suite du programme !

 


Le matin, ma séance de lecture à la rare fraicheur matinale devient un rite, et le reste des journées sont pour moi faites de peu de choses, mais de beaucoup de rencontres. Je découvre la petite communauté, où je suis toujours un peu l'attraction, en tant que touriste fuyant le soleil, surtout auprès des mômes libres dès l'école terminée. Quelques semaines avant, un japonais avait ainsi profité de l'hospitalité du Mestre et de sa famille, ils commencent donc à s'y faire, et c'est le monde entier qui vient à eux dans ce coin assez paumé du Brésil !

En parlant avec eux, ce qui me frappe, c'est que le maracatu, et la Nation, représentent  quelque chose de fédérateur, de grand, dont ils peuvent être fiers, eux issus d'un quartier très modeste, bien loin des richesses dont le Brésil regorge pourtant.

J'aime papoter avec Anderson et Nando, deux des batuqueirinhos de la nation. Quand j'ai besoin de trouver une cabine téléphonique, Anderson assurant ma sécurité dans le coin ! ;-)

Enfin, à part les coups de soleil le jour et les moustiques la nuit, je me suis bien vite rendu compte que je n'avais pas grand chose à redouter dans les parages...

Le matin, avant que les autres ne se lèvent, je profite de la température relativement clémente et de la lumière et du calme pour faire des photos des quelques rues autour du site historique...


   

Les travailleurs sont déjà en route...

 

Et notamment ceux qui s'affairent à préparer le festival qui se met en place !!


 

 

Au passage, c'est une image de Dona Olga qui est sur l'affiche du festival...

Dès la fin de l'après midi, commencent donc les défilés des différents groupes ou écoles locales... Mon baptème de Frevo ! Et suivent maracatu, mon premier cortège, et autres cirandas...







Soyons précis, il ne s'agit pas d'Estrela, mais d'une autre nation, Encanto do Dendê... super ! un beau cortège, ils mettent beaucoup d'énergie et illumine la place historique d'Igarassu, qui s'y prête bien !
Quoique le sol, fait de pierres et de terre, ne doive pas être le plus aisé à pratiquer pour les danseuses tournoyant dans leurs grandes robes...

Pendant que les spectacles se succèdent, je recroise le jeune qui me fixait dans le bus pour venir à Igarassu deux jours avant, et celui me siffle pour que je m'approche de lui (habitude toute brésilienne de siffler les gens, insupportable selon nos codes culturels, il ne faut pas s'en offusquer même si c'est dur parfois...)

On papotte un moment, car il est vraiment curieux de savoir ce qu'un gringo (je dois être quasiment le seul) peut bien faire dans ce festival, si loin de Recife. On papotte beaucoup de musique, et je finis par le convaincre que mon intérêt dépasse un peu celui des gringos classiques, et qu'il aurait pas du me dévisager comme il l'avait fait quelques jours avant, nan mais !

L'insolent, qui se fait appeler Junior, a juste 17 ans mais une personnalité très forte et très spirituelle, qui ne manque pas de m'impressionner à mon tour. Chacun bat donc en brêche ses clichés pour le meilleur et pour le rire...

Côté programmation musicale, Lia de Itamaraca, reine de la Ciranda, ne vient finalement pas, malheureusement...

Dans la rue, apparaît un groupe de musiciens qui s'assoient sur un banc dans la rue et aux premières notes, l'attroupement se forme...



 
 

 

 



 

Ce spectacle, dont je ne comprends pas la moitié malgré les explications dont on m'abreuve, tant il est des plus surprenants, mèle théâtre de rue, musique et danse, avec des personnages connus de tous. La troupe s'appelle Cavalo Marinha Estrela de Ouro, et j'apprends que des membres de Mestre Ambrosio, célèbres dans tout le Brésil, font partie de la troupe...
(Ce nom me dit quelque chose, mais je mettrais un temps à savoir pourquoi : il y a en fait, au local de Macunaïma, l'école de samba de Bordeaux, une affiche d'une spectacle que Mestre Ambrosio a donné en France il y a quelques années...)

Bref, soirée très bien remplie, avec des aspects très variés de la diversité culturelle pernaboucaine.

Tout cela doit malheureusement s'interrompre avec la pluie qui se met à tomber,  drue. Rapidement le public s'éparpille, tout le monde rentrant chez soi. Les tongs dans les ruisseaux qui se forment au sol, je remonte avec les autres vers la communidade...

Le lendemain, deux défilés d'Estrela sont prévus, rien de moins pour un dimanche ! Mieux vaut donc se reposer... enfin, si mes amis les moustiques daignent m'y autoriser.

 

Le lendemain, le premier défilé prévu pour l'après midi, aura lieu en plein coeur de Recife Antigo, Rua da Moeda et Rua do Bom Jesus !!! le coeur de la vieille ville, et moi qui voulait prendre l'air et m'éloigner de la fournaise urbaine... elle me rattrape ! ;-)

Rassemblement de la communidade au sede, tout le monde s'active pour monter dans le bus et, moi qui croyais pouvoir faire plein de belles photos, je me vois finalement confié une toute autre tâche !

 

Gilmar me demande en effet d'assurer le rôle du Palio, le serviteur en habits qui tient le parasol (recouvert de velours, lourdement décoré) au dessus des têtes couronnées du couple royal autour duquel défile tout le cortège, et doit donc les suivre en dansant ! Euh...

J'fais mon difficile, j'explique que je dois faire de belles images, que je préfère observer ? après les jours passés avec Gilmar, à manger sa cuisine, préparée alors qu'il chantait à pleine voix les toadas de la nation, à observer la préparation de la nation toute entière, à en connaître et apprécier les membres, je ne me vois pas refuser quelque service qu'on me demande pour le défilé.
J'accepte donc, non sans rire de l'ironie de me retrouver dans pareille situation !

 

On débarque du bus en plein Recife Antigo, un peu façon commando costumé, et on se prépare sur le trottoir, enfilant les robes et les costumes.

Je me retrouve assisté pour passer, avec un plaisir certain au vu de la moiteur de l'air, une chemise pure synthétique, manches longues, par dessus laquelle se place astucieusement une veste aux manches non moins longues et aux fibres non moins "isolantes" ! le pantalon, de la même étoffe synthétique finit de faire de mon costume un sauna portatif, idéal par cette chaleur, surtout pour ensuite porter le parasol qui pèse une tonne !

On fait les malins quand on joue, on prend parfois les danseurs et danseuses avec le sourire en pensant que jouer est la chose la plus cool et difficile en même temps, et bien, je crois pouvoir témoigner que faire partie du cortège d'une nation de maracatu défilant dans des rues pavées sous un soleil de plomb, avec costumes, accessoires et en rythme, c'est pas moins difficile !
Mais quel point de vue pour observer le spectacle !

Une fois la mission du commando assurée, de fort belle manière, avec percussions sur la scène, quand le cortège dansait sur la place juste devant, et les touristes placés tout autour et visiblement emballés, on traverse le marché de nuit de la Rua do Bom Jesus, pour vite remonter dans le bus...

Même en enlevant ce qu'il faut de costume pour "respirer", ces efforts parachèvent l'ambiance tropicale ! ;-) Mais ambiance de fou, ça crie, ça chante, ça hurle, ça rit... tout le monde peut être fiers du boulot !

 

 

Quand on me demande ce que je pense du défilé, je ne peux que confirmer qu'à taper aussi fort et à jouer ainsi unie, l'Estrela ne peut que briller loin d'Igarassu, à Recife voire jusqu'en Europe ! ;-)

Même si le fait de défiler à Recife m'apparaît comme un truc important et source de fierté pour les membres de la nation, je remarque que c'est l'excitation de revenir défiler à Igarassu qui semble en émouvoir certains.

Aussi, je suis touché par une des femmes, danseuse de la nation, qui me confie qu'elle est contente de revoir l'entrée d'Igarassu, sa ville, qu'elle n'aime décidément pas quitter, ne serait ce que pour une après midi...

On débarque donc de nouveau dans la communidade, et après un rapide repas nocturne, on se remet en position pour le deuxième défilé de la journée. La nuit n'apporte que peu de fraicheur et c'est donc avec un "plaisir" certain que je retrouve mon costume de la plus fraiche et légère des étoffes et rechausse mon lourd et décidément instable accessoire !

Pour pousser le plaisir à son comble, il me faut préciser que le défilé se fait dans le sens de la montée, du bas de la coline, vers la place de l'Eglise, toujours située à mi chemin de la côte...

Une fois la première partie du défilé fait, en bas de la coline, pour accéder à la place, on se pose un moment avant que la scène ne se libère...

La scène, en l'occurrence, est réservée à Gilmar, qui chante au micro, alors que devant, se placent les musiciens, et sur la place même tournent les danseuses autour de la Reine et du Roi qui sont placés, eux, au centre de la place.

Petit point technique, je vous renvoie à des photos plus haut sur cette page, et vous demande d'observer le sol de près...

C'est donc bien sur cet antique mélange de pierres et de terre tassée que je me retrouve à essayer de rester dans le tempo tout en maintenant fermement le lourd parasol censé donner de l'ombre au couple royal (oui, je reprécise qu'il fait nuit depuis longtemps ! ;-))...

Et vu le sol, ce n'était pas une mince affaire, je vous prie de me croire !

Mais bon, tout se passe bien, le spectacle y est et le public avec ! Igarassu et sa nation de maracatu, c'est quelque chose. Toute la place est bondée, les gens reprenant en choeur et avec force les toadas, frissons garantis... 

 

On remonte au sede, petite séance de défoulement sur les instruments (enfin je joue un peu) avant de tout ranger avec le sentiment du devoir très bien accompli pour tout le monde et la confirmation de mon acceptation !

J'ai même Junior, rencontré la veille qui vient vers moi pour m'offrir un CD complet des musiques qu'il estime indispensable (que de la musique do Brasil, bien sûr) et me gratifie d'un joli cadeau : un collier fait par lui, avec un conche pour la chance, et des graines de guarana pour l'énergie, para me protegir durant mon voyage comme il dit !
Délicate attention que je ne peux refuser, d'autant que ce voyage m'a déjà suffisamment fait douter de ma chance naturelle pour refuser un coup de main des Orishas et de la mère nature... si seulement il protégeait également des moustiques !

Je n'ai qu'un regret, celui de ne pas avoir d'image de ces deux défilés, mes premiers de ce carnaval, à Recife comme à Igarassu, qui constituent, cela va de soi, mes premiers moments forts du voyage !
Il y'a des photos qu'on regrette vraiment de n'avoir pu faire...

J'ai beau en demander à un jeune que j'avais croisé ce soir là, rien n'arrive sur ma boite mail, snif...

 

Mais de retour à la maison, je me perds dans les moteurs de recherche pour y trouver des éventuels témoignages photo de ce moment et je tombe sur ce cliché :

 

Photo obtenue grâce à l'aide de Paula Brasileiro, photographe talentueuse dont le profil est sur : http://www.flickr.com/people/paulabrasileiro/
Muito obrigado a ela pela autorisaçao de utilisar esa linda foto !!

Elle m'offre en outre un beau cadeau, en forme de souvenir de cette journée décidément spéciale...

Mort de rire !

 

Ce qui est drôle d'ailleurs, et je ne l'ai découvert qu'une fois rentré au travers de ces recherches, c'est que la rue où se trouve la maison de Gilmar s'appelle Rua França, ça ne s'invente pas !

Pour l'instant, je reprends mon sac à dos et refais le chemin vers Recife, bien rechargé de l'énergie collectée à la source du maracatu, bien décidé à reprendre la main sur le déroulé de mon voyage (même si la belle surprise d'Igarassu me fait penser qu'il faut parfois se laisser porter par les circonstances !)...

 



Publié à 18:51, le 6/06/2011, Igarassu
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Continuer la visite de Recife...

Alors, où j'en étais ?

Ah oui, au début ! ;-)

Alors, puisque je suis (j'sais pas si je vais tenir le présent de narration longtemps...) depuis quelques jours en ville, j'essaie surtout d'y prendre mes repères et d'y organiser les semaines qui viennent. Après un petit début difficile, notamment dû au climat de véritable fournaise et à la mise en route des choses, je suis bien décidé à arriver à prendre un peu le contrôle des choses...

Les journées se passent donc à arpenter les différentes attractions qu'offre la ville de Recife, et notamment son quartier le plus populaire, celui du Mercado Sao José.

C'est d'abord, comme dans le Recife Antigo, une architecture baroque...



Sous le soleil de plomb, les couleurs sont particulièrement vives, même si parfois de beaux immeubles sont par ailleurs dans un état de délabrement avancé !

Je me "risque", grâce à la protection d'une église pour la manipulation, à sortir mon bel appareil pour essayer de rendre de la vision panoramique...

Mais pour l'essentiel, c'est avec l'appareil de poche que je saisis l'essentiel, comme les clins d'oeil des gens rencontrés sur le chemin !

Mes questions sur ces étranges crabes bleus qui sont empaquetés, vivants, dans des feuilles, m'offrent la possibilité d'un cliché sympa comme on pourrait en faire tout au long de la journée...

Heureusement que les petits contacts quotidiens sont plus simples que le reste, car pour ce qui est de la logistique et des contacts avec ceux qui m'avaient promis l'hospitalité...
Le couchsurfing s'avère de plus en plus incertain !
Je m'attarde donc, non sans plaisir, à mon hotel où, jour après jour, je prolonge mon séjour.
Plaisir car ce lieu devient voite une sorte de point de repère dans ce qui commence à s'apparenter à une semaine entière passée sans avoir décroché un de ces canapés hospitaliers sur lesquels je comptais pourtant. 

Bref, faute d'avancer sur cette importante question, je fais le tour des endroits à voir, et parmi ceux-ci, un lieu des plus surprenants, la Casa da Cultura !

Elle a en effet été installée dans une ancienne prison...




 

Les boutiques s'alignent dans les anciennes celleules, certaines ayant des airs de placard aux merveilles...

Une cellule a été laissée telle quelle, pour donner une idée de ce que c'était.... Bien sûr il ne s'agissait pas de cellules individuelles, et tout le mobilier a été conservé en l'état !

 

Elles occupent ainsi 3 des 4 ailes de l'ancienne prison, sur 3 étages, offrant un échantillon de l'artisanat local et des couleurs réchauffant un peu l'austérité du bâtiment. Quoique, pour moi, un endroit frais se refuse difficilement ! ;-)

 

L'histoire de l'esclavage et de la colonisation tient évidemment une place importante dans la construction de cette ville tournée vers l'Afrique...
Elle y a ainsi de quoi honorer ces héros, tel Joachim Nabuco, auteur de la loi sur le "ventre libre", qui met un terme à la "transmission" de la condition d'esclave d'une mère à son enfant, il fallait bien commencer par quelque part !

Dommage que tout près, d'autres ventres d'enfants restent aujourd'hui encore, prisonniers de la faim...

 

Le soir, une fois l'étuve (à peu près) éteinte, je constate qu'on peut se balader avec plaisir dans les rues joignant le quartier de Boa Vista, où se trouve mon hotel, et notamment quand il faut prendre l'un des nombreux ponts traversant les multiples bras de mer ou de rivière (c'est plus si clair que ça...), observer les marées, voir les plantes qui les suivent, accrochées entre elles plus qu'aux rives boueuses de la mangrove urbaine.

Plus de surprises de constater que des pêcheurs exploitent, comme les oiseaux sauvages, ce milieu naturel pris entre les avenues et les ponts. Quelques questions sur les techniques (au lancer de filet) et les prises, et un voeu de bonne pêche un peu surréaliste en pleine nuit...

Le mardi, c'est terça negra, le "mardi noir" ! Une soirée au cours de laquelle le Patio Sao Pedro (place tout au bord du quartier vu dans la journée animé de marchands et des bruits du commerce populaire), devient le lieu d'expression culturelle des styles afro brésiliens...

Evidemment, à quelques semaines du carnaval, ces soirées prennent un tour particulier...


 
 

 

Quand je quitte l'endroit, si les jambes se sentent plus de marcher à travers la ville, je profite des services de Roberto, Taxista de Ludo que j'aurais vite adopté !
Quitte à faire bosser du monde, autant que ce soit les amis des amis qui en profitent...

Après ces journées bien remplies, et ces soirées pas moins animées, je rentre souvent bien claqué à l'hotel, prêt à dormir quelques heures dans la nuit moite avant que la fournaise ne se rallume. Quoique, au petit matin, c'est aussi la douche qui s'allume dans les rues, trop forte pour ne pas détremper, trop tardive pour pouvoir rafraichir l'air déjà surchauffé...

La moustiquaire de voyage devient vite le maigre refuge que les moustiques me laissent, faudra s'en contenter encore un moment !

 



Publié à 16:13, le 6/06/2011, Recife
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La reprise du récit...

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Le temps passe...

Voilà déjà plus de 3 mois que je suis rentré, et ne me suis toujours pas sérieusement mis à la rédaction du récit de mon voyage !

Plusieurs personnes m'ont fait remarquer que cela pressait, comme elles ont bien raison !
Car avec le temps, les souvenirs peuvent s'estomper, les détails s'échapper, et même si les photos sont là pour me rappeler les différents épisodes, j'ai tout intérêt à ne pas tarder à mettre ça "au propre"...

Mais en même temps, depuis mon retour, nombre de soirées et de journées auront continué de se passer sous le signe du maracatu, entre les répétitions et les défilés, déja nombreux depuis mon Caranaval si spécial.
De quoi revenir régulièrement, dans ma tête du moins, du côté de Marco Zero et de la Rua da Moeda de Recife Antigo, d'Igarassu et d'Olinda, de Gaïbu et d'en frissonner encore...

Promis, j'essaie de faire au mieux pour vous faire comprendre... Bonne lecture !

 

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Publié à 16:05, le 6/06/2011, Recife
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Retour a la maison...

Petit message envoye de Lisbonne, pour dire que je ne suis plus tres loin de la maison : Toulouse, puis train jusque Bordeaux, et enfin vider les sacs (50 kg de bagages !) et reprendre une vie plus "normale"...

Aujourd'hui, a Blanquefort, les Zuous font le show, pour ceux qui voudraient ressentir de plus pres la vibration des tambours du maracatu, et qui peuvent pas aller a Recife, c'est la que ca se passe !

Je n'en serais pas pour cette fois-ci, mais toutes mes pensees les accompagnent ! Et tres bientot, j'aurai l'occasion de jouer avec eux...

 

J'essaie de reprendre la narration illustree rapidement pour que vous puissiez mieux comprendre quel fut mon periple, alors a tres bientot asur ce blog !



Publié à 12:42, le 12/03/2011, Bordeaux
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